Magazine la Sultane: Terre d'utique, L'huile d'olive

Depuis que les tunisiens se passionnent pour les richesses de leur pays, ils ont compris que l’or vert avait de beaux jours devant lui. Il suffit juste de lui accorder le respect qui lui revient. La politique étatique d’une part et les initiatives individuelles en particulier, ont fait de la Tunisie un acteur avec lequel il faut composer. Aujourd’hui, notre pays rivalise avec l’Italie, l’Espagne et la Grèce et se permet même de les bousculer. Beaucoup de choses restent à faire, car la concurrence est rude et les moyens pas toujours au rendez-vous. Mais rien n’est impossible. Surtout lorsqu’on est Femme. Et déterminée. L’histoire que nous vous racontons ici est inspirante. C’est celle de Narjess Babay productrice d’une huile portant le nom du sol qui l’a vu naître : Terre d’Utique.

Pourquoi avoir choisi ce nom, ne peut-on s’empêcher de demander. « Parce que c’est très emblématique du Nord de la Tunisie » nous répond Narjess Babay, un sourire aux lèvres. Elle voulait, à travers son produit, promouvoir toute la région, souligne-t-elle. En effet, tout le monde lui pose la même question et elle leur raconte l’histoire de cette huile fabuleuse « Je voulais que ma passion soit ressentie, pour transmettre un savoir-faire, une tunisianité. » Un art de vivre à la tunisienne porté par l’amour d’une femme pour les senteurs de son pays. Il faut dire que cet amour remonte à sa petite enfance, lorsqu’elle passait chez son grand-père, agriculteur et distributeur d’épices au Sahel. Elle se souvient des camions déballant une marchandise © Hassen Ben Nasr dans laquelle elle plongeait … au sens figuré. Elle baignait dans des senteurs qui allaient lui coller à la peau. Après des études d’expertise comptable à IHEC, de la communication politique à la Sorbonne, une grande passion pour le journalisme, une carrière professionnelle florissante et un engagement politique et citoyen, cette femme qui adore les odeurs des marchés et des épiceries fines n’a pas résisté à l’appel de l’huile d’olive lorsque l’occasion s’est présentée. Narjess Babay a voulu créer une marque autour de l’huile d’olive et des produits de la terre tout en veillant sur la qualité, car l’or vert est plus fragile qu’il n’y paraît. Il suffit de très peu de choses pour altérer le résultat : les conditions de cueillette, le ramassage, le transport, le stockage, la pression, le conditionnement, la température, l’humidité et la lumière, etc. Il faut une manipulation très soignée. Très attentionnée même. Pour Terre d’Utique, Narjess Babay a misé sur le mono variétal, en dépit des risques encourus, puisque chaque variété a un profil qui lui est propre. Elle nous explique que le côté amer est très apprécié par les connaisseurs. Le fruit, cueilli plus tôt, est très riche en polyphénols, des éléments antioxydants qui contribuent aux vertus santé de l’olive. L’huile du nord du pays est obtenue à partir de la variété Chetoui, très robuste, qui couvre 15% du territoire. Dans un temps ultérieur, Narjess Babay envisage de diversifier sa production et de lancer d’autres gammes de produits, de tenter des coupages pour enrichir son offre, de satisfaire tous les palais et procurer des plaisirs gustatifs différents. Cette année, elle l’a consacrée à la compréhension du marché, la réaction des consommateurs, la réception du produit, la concurrence potentielle, le développement du savoir-faire technique… Après avoir fini la mise en bouteille de l’huile au mois de février, après avoir particulièrement soigné l’emballage, Narjess Babay envisage la commercialisation de Terre d’Utique, juste après le salon de Montréal qui se déroulera du 2 au 4 mai. Elle vise une diffusion en local et à l’étranger et espère voir son produit obtenir la reconnaissance qui lui est due. Elle lui a fait subir des tests organoleptiques par des oléologues. Terre d’Utique est une huile de très grande qualité qui répond aux analyses techniques (résistance à l’air et à l’oxydation, acidité, teneurs en polyphénols, en acides mono-insaturés et polyinsaturés, etc.) et qualitatifs les plus exigeants (fruité, amertume, longueur en bouche, fluidité, etc.). Confiante, Narjess Babay a décidé de franchir le pas et de se mesurer aux marques déjà présentes. « On s’est dit on va le faire, puis apporter les ajustements nécessaires, voir ce qui rendrait notre élaboration meilleure.» Elle y croit fort. Nous aussi.

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